La défaillance d’entreprise est à la situation où une société n’est plus capable de faire face à ses obligations financières, qu’il s’agisse du règlement des fournisseurs, du paiement des salaires ou du remboursement de ses dettes.
La défaillance d’entreprise : un phénomène en forte progression
Les derniers chiffres des défaillances d’entreprises sont préoccupants.
Pour la troisième année consécutive en 2025, leur nombre augmente et reste bien au-dessus de la moyenne historique.
Alors que la France enregistrait environ 55 000 défaillances annuelles il y a quelques années, elle approche désormais les 70 000 cas, avec 69 957 entreprises concernées selon la dernière publication du cabinet Altares.
Cette progression franchit donc un seuil inquiétant.
Les aides financières généreuses, telles que les prêts garantis par l’État (PGE) et les reports de charges sociales mises en place pendant et après la crise du COVID, ont certes permis de retarder l’échéance, mais elles n’ont fait que temporiser l’inévitable. Depuis 2 à 3 ans, les chiffres rattrapent donc la réalité.
Il est vrai que de nombreuses cessations d’activité concernent surtout les auto-entrepreneurs, ce qui a un impact limité sur le marché de l’emploi, ces petites structures représentant un faible nombre de salariés.
Cependant, la situation est beaucoup plus préoccupante pour les entreprises de plus de 100 salariés. Au deuxième trimestre 2025, 58 d’entre elles ont été placées en procédure, soit une hausse de 28,9 % par rapport au même trimestre en 2024, ce qui équivaut à presque une défaillance par jour ouvré… Ces sociétés emploient à elles seules 18 000 personnes sur un total de 65 000 emplois concernés, amplifiant l’impact économique et social de ces défaillances.
Une situation qui touche tous les secteurs et toutes les régions
La gravité du phénomène réside également dans sa diffusion croissante. Non seulement le nombre d’entreprises en difficulté augmente, mais elles se retrouvent dans un nombre croissant de secteurs et de régions.
Les services, qui constituent le cœur de notre économie, sont les plus affectés. L’industrie, pourtant vitale, n’est pas épargnée, à l’exception de l’agroalimentaire.
Entre 2019 et 2025, les défaillances industrielles ont bondi de plus de 40 %, ce qui représente un impact proportionnellement plus élevé que le poids réel de l’industrie dans l’économie nationale.
On observe également une multiplication des difficultés chez les PME et les ETI, ces entreprises de taille moyenne en pleine croissance.
Une situation inquiétante pour l’avenir
Paradoxalement, ces défaillances massives n’ont pas encore de conséquences visibles sur le plan macroéconomique. En 2025, la croissance française avoisinait 1 %, contre seulement 0,2 % en Allemagne, par exemple.
Mais cette « performance » relative repose sur des facteurs préoccupants : la France est déjà largement désindustrialisée et les secteurs industriels souffrent fortement de la concurrence internationale, notamment chinoise, et d’un contexte économique globalement défavorable.
Notre économie, majoritairement orientée vers les services, bénéficie de sa résilience et de nombreux amortisseurs sociaux, mais cette apparente solidité pourrait masquer des fragilités structurelles.
Si les auto-entrepreneurs et les PME peinent à se développer et si l’industrie continue de se déliter, le risque est de se priver d’un moteur essentiel pour l’avenir. La question devient alors : quelle sera la base économique de demain si ces piliers disparaissent ou s’affaiblissent durablement ? Que va-t-il nous rester ?








